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qui dans sa « majorité constructive » ?


MACRON. Si gouverner s’annonce difficile pour Emmanuel Macron sans accord avec l’opposition, le président de la République a assuré que les différentes forces de l’Assemblée allaient devoir « faire des compromis ».

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[Mis à jour le 24 juin 2022 à 23h54] L’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale nuit aux plans d’Emmanuel Macron pour son second quinquennat. La réalité l’amène à négocier pour obtenir des accords avec les partis d’opposition afin de faire passer les lois et les réformes qu’il souhaite voir entrer en vigueur. À l’occasion d’une conférence de presse en clôture du sommet européen à Bruxelles, vendredi 24 juin, Emmanuel Macron a pris la parole : « Il a pu m’arriver qu’on me reproche d’avoir trop de pouvoir, parce que des majorités trop claires. […] La France est dans une situation démocratique qu’elle a connue en 1988 et affreusement banale au niveau européen », a-t-il affirmé, positif. Le chef de l’État a cité les exemples allemand et italien pour montrer « qu’on peut avoir des majorités constructives, ce que nous ferons avec l’ensemble des partis de gouvernement, de pouvoir bâtir soit des coalitions, soit des accords sur des textes pour avoir un agenda clair. Nous allons faire des compromis ».

L’opposition n’a pas tardé à réagir. La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a invité Emmanuel Macron à « dire clairement sur quoi il veut faire une majorité », estimant que « s’il y a des sujets sur lesquels on peut s’entendre » elle le soutiendra, mais que ses propos après les législatives ne la « rassurent pas ».  À droite, l’ancien candidat à la primaire LR Michel Barnier a demandé au chef de l’État de passer « de la culture de l’arrogance à la culture du compromis » assurant que son parti votera « tout ce qui sera utile ».

Au sein de la Nupes, la ligne directrice est difficile à suivre. La nouvelle présidente du groupe « La France insoumise » à l’Assemblée nationale Mathilde Panot a répondu aux propos de Yannick Jadot qui avait indiqué que les Verts n’excluaient pas de participer à un gouvernement de coalition. Elle évoque une « position personnelle » de l’ancien candidat EELV à la présidentielle. « Ce que nous nous sommes dit dans l’inter-groupe n’avait pas du tout la même tonalité que ce que propose M. Jadot aujourd’hui puisque tout le monde était d’accord pour voter contre la confiance à ce gouvernement », a-t-elle déclaré. 

La position d’Emmanuel Macron en question

Le président de la République va donc devoir concéder quelques points de son programme et tendre la main vers l’opposition après le revers des législatives qui l’empêche de pouvoir mener une politique en solitaire comme lors de son premier quinquennat. Le chef de l’Etat n’a pas le choix il doit convaincre et conclure des accords mais l’opposition n’est pas réceptive aux tentatives de la majorité. Alors qu’Emmanuel Macron a proposé une coalition de gouvernement ou des accords au cas par cars selon les textes votés lors de son discours du 22 juin, aucune des solutions ne semble convenir à ses adversaires politiques. Accepter, reviendrait pour tous à faire fi des différences politiques majeures entre leur programme et celui d’Emmanuel Macron. Une politique qui selon eux a été en partie rejetée par les électeurs lors des législatives, d’où la majorité seulement relative du camp présidentiel à l’Assemblée. 

Emmanuel Macron devra aussi redonner de l’importance et déléguer à son Premier ministre. Avant l’annonce des consultations d’Elisabeth Borne avec les parlementaires ces 23 et 24 juin, le chef de l’Etat s’est personnellement chargé des négociations, fidèle à sa posture de Jupiter. Mais avec une opposition aussi forte, il faudra que le Président se tienne en dehors de l’Assemblée et laisse à son bras droit les discussions et les conclusions d’accords, qu’il soit issu de la majorité ou d’un camp adverse. Toutefois, pour le moment l’idée ne semble pas avoir germé dans l’esprit d’Emmanuel Macron qui promet de reprendre part aux négociations dès son retour en France, en milieu de semaine prochaine, avec une potentielle nouvelle série de consultations selon la porte-parole du gouvernement, invitée hier matin sur Franceinfo. D’ici là, Emmanuel Macron espère que ses propositions auront plus de succès auprès de l’opposition. Mais si la porte des accords s’entrouvre du côté de la droite avec le président LR du Grand-Est qui appelle dans les colonnes du Parisien sa famille politique à travailler avec le gouvernement pour éviter l’immobilisme – il exige tout de même un « changement de méthode » de la part d’Emmanuel Macron -, la gauche et l’extrême droite restent hermétiques à l’idée.

Les Républicains, une opposition constructive face à Macron ?

Le patron des Républicains, Christian Jacob, a ouvert le bal des consultations à 10 heures le mardi 21 juin. Et comme depuis le début de la campagne législative, le ténor de la droite a affirmé sa place dans l’opposition voulant donner tort à tout ceux qui comparait LR à une réserve de vote plus facile pour la majorité présidentielle à l’Assemblée. « Il n’est pas question d’un pacte avec le gouvernement, ni d’une coalition », a assuré Christian Jacob à la sortie de l’Elysée le 21 juin précisant tout de même à Emmanuel Macron que la droite ne serait pas « dans le blocage » systématique des politiques du camp présidentiel. Aurélien Pradié, le numéro deux de LR, a été plus dur avec Emmanuel Macron après son discours. Sur Public Sénat, il a refusé une coalition avec le gouvernement « parce que nous n’avons pas les mêmes convictions politiques. Il y a une nécessité pour la droite républicaine de résister à l’air du temps qui voudrait nous pousser dans les bras des extrêmes ou des gens raisonnables ».

Les Républicains seront peut-être plus favorables pour des accords au cas par cas selon les textes, bien que cela reste encore à prouver. Toutefois pour ce qui est de démarchage individuel des élus de la droite, Christian Jacob à prévenu : « De nouveaux débauchages [seraient] vécus par LR comme une provocation supplémentaire et que cela générerait une crispation du groupe à l’Assemblée nationale ».

Des accords possibles entre Emmanuel Macron et le RN de Marine Le Pen ?

Emmanuel Macron a vu, sans surprise, sa proposition de « gouvernement d’union nationale » rejetée par Marine Le Pen. Est ce que le Rassemblement national sera plus ouvert aux nouvelles options évoquées par le chef de l’Etat ? Les récentes déclaration du président du parti, Jordan Bardella, suggère que la réponse est non. « Il demande aux oppositions de venir à lui alors qu’il a été battu dans les urnes, c’est à lui de dire quel chemin il est prêt à prendre, sur quels axes de son projet, il est prêt à reculer. Il a été élu, mais son programme battu dimanche dernier », a-t-il déclaré sur France inter le 23 juin. Le RN entend bien profiter de son groupe historique à l’Assemblée nationale et jouer son rôle dans l’opposition. Les accords ne semblent donc pas envisageables entre la majorité présidentielle et l’extrême droite mais Marine Le Pen a garanti au chef de l’État que pour autant son groupe ne sera pas « dans l’obstruction systématique » de la politique. « Si des mesures vont dans le bon sens, nous les voterons […], si elles vont dans le mauvais sens, nous les amenderons, et si elles ne sont pas amendées telles que nous le souhaitons, nous nous y opposerons », a-t-elle glissé à l’AFP le 21 juin rappelant au passage sa ferme opposition à la réforme des retraites.

Le dialogue rompu entre Emmanuel Macron et LFI ?

Il est impossible d’unir la majorité présidentielle et la France insoumise qui portent « deux projets politiques qui sont différents » a déclaré le député LFI Manuel Bompard ce matin sur Franceinfo. L’élu des Bouches-du-Rhône refuse de renoncer au projet de la Nupes et estime que conclure un accord, quel qu’il soit, avec Emmanuel Macron enverrait un message d’incohérence et trahirait le choix fait par les électeurs lors des législatives. Des propos qui confirment ceux d’Adrien Quatennens deux jours plus tôt : « Nous ne sommes candidats à aucune combine ou à aucune participation à un gouvernement avec le président de la République ». Signe que la coopération entre Emmanuel Macron et LFI n’est pas envisageable, Manuel Bompard a confirmé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement si Elisabeth Borne refuse de se soumettre a vote de confiance devant le Parlement.

Emmanuel Macron enjoint à faire des efforts par le PS ?

« Jupiter, c’est fini » a assuré Olivier Faure à Emmanuel Macron lors de leur entrevue du 21 mai. Le premier secrétaire du Parti socialiste a expliqué que la gauche est « disposée à avancer » avec le gouvernement mais à une condition : que la politique s’imprègne des mesures du programme socialiste comme l’augmentation du Smic à 1500€ pour ne citer qu’elle. La députée du PS et de la Nupes à l’Assemblée nationale, Valérie Rabault a estimé sur France Inter le 23 juin que c’était bien à Emmanuel Macron de faire des pas vers l’opposition et non l’inverse : « Il est au pied du mur. C’est lui qui a la responsabilité du destin de la France. Il connaît parfaitement nos engagements. […] Nous voulons le Smic à 1500 euros net. Est-ce que oui ou non, il veut le rajouter dans son projet ? S’il reste sur son projet, il n’a pas de majorité absolue et c’est lui qui va bloquer la France, ce n’est pas nous ». Ce 24 juin, l’élue en remet une couche sur France 2 en répondant au constat du chef de l’Etat sur le choix qu’ont fait les électeurs en la réélisant à a tête du pays : « Il a dit ‘j’ai été élu le 24 avril sur un programme’, moi j’ai voté pour lui le 24 avril, c’était pas pour le programme ».

Le PCF refuse des accords avec Emmanuel Macron ?

A gauche, les députés communistes sont plus discrets que les insoumis et les socialistes, ils tiennent toutefois les mêmes positions et refusent de s’allier ou de conclure des accords avec Emmanuel Macron. Le leader du PCF, Fabien Roussel, a assuré le 21 juin après sa réunion avec le chef de l’Etat qu’il ne prendra part à aucune coalition de gouvernement. La raison ? « Il y a un tel climat de défiance à [l’]encontre [d’Emmanuel Macron] que ce n’est pas envisageable. Ça ne serait pas compris » par les électeurs a-t-il estimé sur le plateau de LCI. La Nupes fait donc bloc et sera pleinement dans l’opposition face à la majorité présidentielle.

Quelle position pour EELV face à Emmanuel Macron ?

Si Julien Bayou est resté discret après son entrevue avec Emmanuel Macron le 21 mai, Yannick Jadot se fait le porte-parole des écologistes et a expliqué le 24 juin sur France Inter qu’il « ne ferme la porte à rien car le président de la République n’a parlé de rien ». Pas sûr toutefois que le discours soit très encourageant. Le leader d’Europe-Ecologie-Les Vert (EELV s’est également dit « prêt à des compromis » mais il reproche à Emmanuel Macron d’être dans le déni au sujet de sa réélection le 24 avril : « J’ai appelé immédiatement à voter pour Emmanuel Macron mais par pour son projet ». Autre critique faite au chef de l’Etat : il ne devrait « pas poser des ultimatums, dire vous êtes des enfants, vous avez 48 h pour ranger vos chambres ». La position des écologistes restent encore floue mais moins catégorique que celle de LFI, autre membre de la Nupes.

Emmanuel Macron va-t-il devoir déléguer des pouvoirs au Premier ministre ?

En plus de devoir conclure des accords avec l’opposition, Emmanuel Macron pourrait aussi revoir sa manière de gouverner. Après cinq ans à mener une politique solitaire tenant peu compte des forces de l’opposition, le deuxième quinquennat du chef de l’Etat ne pourra pas suivre la même stratégie. Aujourd’hui « son intérêt est de déléguer », a estimé Alain Minc, essayiste et proche d’Emmanuel Macron au Figaro. Une pratique « aux antipodes [du] tempérament » du chef de l’Etat mais qui est nécessaire dans un contexte de forte opposition à l’Assemblée nationale. Il n’est plus assuré d’une majorité absolue et écrasante dans l’hémicycle pour couvrir ses arrières et aujourd’hui plus que jamais chaque décision sera scrutée et parfois attaquée et empêchée par les adversaires politiques. Alain Minc poursuit : « Il doit accepter de donner à son premier ministre une grande autonomie » et ce quel que soit le locataire de Matignon, en particulier s’il est issu d’une autre famille politique que LREM. Un scénario que ce proche d’Emmanuel Macron juge comme la seule perspective pour éviter l’enlisement mais qu’il « croit peu probable » : « Il change de premier ministre, nomme un politique de droite, lui laisse les manettes et prend du recul pour intervenir dans son meilleur domaine, où il est incontesté, les affaires internationales et européennes. »

Emmanuel Macron va-t-il nommer un nouveau Premier ministre ?

Emmanuel Macron s’est imposé dans les négociations avec représentants politiques quand il revenait à la Première ministre, Elisabeth Borne, de trouver des compromis et d’aller vers des accords avec les forces de l’opposition de l’Assemblée nationale. La mise à l’écart de la locataire de Matignon n’est pas passée inaperçue et fragilise un peu plus les appuis de la cheffe du gouvernement. L’opposition appelle à la nomination d’un nouveau Premier ministre depuis le lendemain des législatives et elle exige qu’Elisabeth Borne se soumette au vote de confiance après son discours de politique générale devant le Parlement, sans quoi LFI promet le dépôt d’une motion de censure. Emmanuel Macron sera-t-il contraint de nommer un nouveau Premier ministre ? Le doute persiste et le chef de l’État garde ses intentions secrètes. Mais selon Alain Minc, un proche du Président, au Figaro, « la situation va exiger […] un premier ministre très politique » alors qu’Elisabeth Borne a à maintes reprises été jugée trop technocrates. D’autres sources proches de l’exécutif et issue de La République en marche mise sur le départ de la Première ministre et prennent pour preuve le refus de la démission de la locataire de Matignon le 21 mai.


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